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Basquiat était un homme cultivé et son œuvre va bien au-delà du graffiti. Son art lui servit d’instrument artistique pour sa réalisation personnelle, comme mémoire de l’histoire afro-américaine et comme dénonciation de la situation politique et sociale des États-Unis. Ses toiles sont ainsi recouvertes de nombreuses références culturelles et de symboles, peints, dessinés ou écrits.

Basquiat vécut intensément, jusqu’à sa mort prématurée à 27 ans. Il fréquenta les cercles sociaux et créatifs de New York dans les années 1980 et entretint des relations personnelles et professionnelles avec des artistes comme Keith Haring (Pittsburgh, 1958–New York, 1990) ou Andy Warhol (Reading, Pennsylvanie, 1928–New York, 1987).

Contextualisation sociopolitique

Les œuvres de Jean-Michel Basquiat, new-yorkais d’ascendance haïtienne et portoricaine, contiennent de multiples couches d’information sur des thèmes de dénonciation sociale encore brûlants actuellement, comme la discrimination raciale ou les droits civils.

L’artiste ressentait un énorme intérêt pour l’histoire de la population afro-américaine : depuis le commerce des esclaves, déjà pleinement établi au XVIIe siècle, jusqu’à la grande migration de la première moitié du XXe siècle depuis les états du Sud vers New York ou Chicago. Le racisme persistant se traduisit par une lutte pacifique en faveur des droits civils de la population noire, menée par Martin Luther King Jr. Durant la marche de Washington du 28 août 1963, Luther King prononça son célèbre discours « I Have a Dream » (je fais un rêve).

Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, le dénommé « Black Power » appelait à l’union de la population noire, plus qu’à l’intégration. Basquiat revendiqua toutes ces idées dans son travail et critiqua l’abus de pouvoir exercé par les autorités, représentant même dans ses oeuvres certaines scènes de violence policière, comme La mort de Michael Stewart (1983). Il mit aussi en valeur le rôle joué par des personnalités noires éminentes du monde de la culture et du sport, qu’il représenta comme des héros.

Le révérend Martin Luther King
salue la foule réunie à Washington D.C., le 28 août 1963.
Getty Images. New York

Histoire du graffiti

Basquiat débuta sa carrière à New York très jeune, en réalisant des graffitis conceptuels avec son ami Al Diaz, sous le pseudonyme SAMO.

Le mot « graffiti » désigne un texte ou un dessin réalisé dans un espace public. Dans l’Empire Romain déjà, nous trouvons des messages gravés ou des peintures dans des lieux publics avec des intentions critiques ou satiriques. Cette écriture, en principe anonyme et toujours d’actualité, est considérée comme un véhicule pour la transmission de messages aux fins diverses.

Entre 1971 et 1974, on voit apparaître à New York les graffitis émanant du mouvement hip hop, d’abord dans la zone de Washington Heights (TAKI 183) puis à Brooklyn (Friendly Freddie) et dans le Bronx (Super-Kool 223 et Lee 163). Même si les distances à New York sont considérables, le métro servit de scène parfaite aux graffitis et de canal de communication entre les graffeurs de la ville. La taille et l’épaisseur des lettres, la typographie, le style, un nom, un objet concret ou une bombe spécifique étaient des signes d’identité qui ne faisaient aucun doute sur l’auteur. Dans les années suivantes, l’interdiction du graffiti par les autorités de la ville fut inefficace et les graffitis continuèrent.

Des artistes comme Futura 2000 (New York, 1955) cherchaient de nouveaux horizons, de nouvelles formes pour montrer leur art. À la fin des années soixante-dix, Lee Quiñones (Ponce, Porto Rico, 1960) et Fab 5 Freddy (New York, 1959) commencèrent à exposer dans des salles de Rome et au début des années quatre-vingt, dans des espaces de New York comme la Fun Gallery, de Patti Astor.

Aux côtés des graffitis, on vit apparaître d’autres types d’intervention dans des espaces publics ou dans le métro, comme les dessins ou affiches de Keith Haring, artiste et ami de Basquiat. Tous deux sillonnaient les rues de la ville en laissant leur empreinte artistique sous forme de messages écrits ou ramassaient des objets qu’ils utilisaient ensuite dans leurs travaux respectifs.

Via dell’Abbondanza, Ponpeia, Italia (I. mendea).
Getty Images. RM Editorial.

Usagers du métro vont travailler dans
un wagon sale, couvert de graffiti à New York, années 80.
Getty Images. New York Daily News Archive.

Jean-Michel Basquiat. Le moment est venu.
Museo Guggenheim Bilbao 2015.

Découvrez les influences, les personnes, les lieux ou les objets qui ont marqué la vie et l’œuvre de Basquiat

 

Photographie et écriture

Dans la plupart des œuvres de Jean-Michel Basquiat, nous trouvons des références à la musique, aux mots et au collage. Des images d’individus et d’objets cohabitent avec des noms propres de personnes, de lieux et d’autres mots écrits, souvent regroupés sous forme de listes. L’écriture et les images étaient très importantes pour Basquiat.

C’est pourquoi une activité qui combine écriture et photographie est organisée dans la salle 301 de l’exposition. Tous les jours, de 11 h à 14 h, les visiteurs expliquent ce qu’ils ont ressenti en contemplant les œuvres de Basquiat et le formulent par écrit. Les mots qu’ils choisissent sont leur signe d’identité ; ils peuvent aussi se faire photographier, seuls ou en groupe, en utilisant la Polaroid de l’époque (années 1980). Pour finir, ils peuvent choisir de laisser leur texte et leur photo exposés dans la propre galerie ou de les emporter avec eux en souvenir de leur visite au Musée.

Galerie

Jean-Michel Basquiat. Le moment est venu.
Museo Guggenheim Bilbao 2015.

L’importance de la musique

La musique a toujours joué un rôle fondamental dans la vie et l’œuvre de Basquiat, qui avait des origines africaines et caribéennes. Expérimenter avec les rythmes était pour lui une passion. Parfois, les références musicales s’immiscent dans ses œuvres et ses titres à travers les mots, qui contiennent des allusions à des compositeurs comme Beethoven (et sa symphonie Héroïque). En 1979, il créa, avec l’écrivain et artiste pluridisciplinaire Michael Holman, son propre groupe, Gray, qui se caractérisait par un son très industriel. Le nom de Gray est un hommage au livre d’anatomie publié par Henry Gray en 1950, que Basquiat relisait fréquemment.

Basquiat avait une prédilection pour un jazz bebop improvisé et exécuté rapidement, et les pièces de Charlie Parker et Miles Davis étaient pour lui des référents. Le thème de Charlie Parker « Now’s the Time », de 1945, inspira une œuvre de Basquiat portant le même titre, Now’s the Time (1985), choisi aussi pour l’exposition du Musée. Il s’intéressait aussi aux rythmes frénétiques et éclectiques des années soixante-dix et quatre-vingt, comme le rap naissant du mouvement hip hop. Il produisit et dessina d’ailleurs en 1983 la pochette de l’album de Rammellzee vs K-Rob intitulé Beat Bop et dessina également celle du premier disque de The Offs (1984).

Vous pouvez écouter ici un extrait de Charlie Parker Now’s the Time.

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